17 décembre 2006

Le blues de l'informaticien

Je suis informaticien, je sais je ne devrais pas m’en vanter.
Parfois, lorsque les gens me demandent ce que je fais, je dis que je m’occupe des ordinateurs. C’est assez vague et en général on ne me pose pas vraiment de questions complémentaires, les gens s'intéressant de toute façon peu à ce que l'on fait vraiment.

L’informatique est une bien étrange discipline : il faut cinq ans pour former un ingénieur informaticien débutant et pourtant, le premier venu déballant son nouvel ordinateur se sent capable de donner des leçons.

Il y va en informatique comme en médecine ou en droit : vous pouvez choisir d’être généraliste ou vous spécialiser. Par contre, autant tout le monde comprendra qu’un médecin généraliste ne pratique pas d’opérations à cœur ouvert, autant le vulgus pecus ne comprend pas qu’un informaticien (généraliste ou spécialiste) ne sache pas tout sur tout et en détail.

A côté de cela, tout le monde me dit « c’est nul je ne comprends rien », ou encore « de toute façon vous les informaticiens, on ne comprend rien de ce que vous racontez ».

Ce phénomène est commun à tous les domaines où les spécialistes ont développé un vocabulaire précis, parfois inventé (ex : concaténer), parfois emprunté ailleurs (ex : ordinateur, mot à l’origine utilisé en théologie).
Vous retrouvez les mêmes reproches faits aux juristes, aux médecins, aux électriciens. Cela m’a d’ailleurs valu lors de mon stage ouvrier de me faire balader pendant une heure dans une usine à la recherche d’une lime à épaissir. J’avais quand même 21 ans. C’est à cela que servent les stages ouvriers : à découvrir tous les noms des outils, et accessoirement à comprendre qu’on peut avoir de longues études, et manquer de bon sens. Cette leçon d’humilité m’a servi toute ma vie.

13 décembre 2006

Doit-on concrètement payer l'euro symbolique ?

J'entends souvent dire que des tribunaux condamnent "à l'euro symbolique", mais je me suis toujours demandé si la personne condamnée devait aller quelque part pour payer concrètement cette somme.

Dans la rubrique "Questions à deux euros" donc.

Sur le site haas-avocats.com
"L’euro symbolique, comme il existait auparavant le franc symbolique, est en général le moyen utilisé par un tribunal pour stigmatiser une faute elle aussi symbolique, qui n’a en vérité entraîné, sinon aucun préjudice, du moins un préjudice moral infime. Tel est le cas par exemple de nombreuses poursuites en injures et diffamation entre candidats à une élection politique : les gens s’insultent ou se diffament, et le tribunal est bien obligé de le reconnaître, mais cela fait en quelque sorte partie du jeu de la politique, et, sauf accusations extrêmement graves, c’est sans conséquence notable sur la carrière politique de la victime. Ce peut être aussi le cas d’une atteinte fautive, mais insignifiante compte tenu de nos mœurs actuelles, à l’honneur d’une personne. Entre sportifs professionnels, ou entre gens d’une même profession, les accrocs à la déontologie sont fautifs, mais, sauf exception, leur réparation reste en général purement symbolique.
L’euro symbolique est donc utilisé comme une sorte de réparation d’amour-propre. Il donne raison sur le principe à son bénéficiaire, à qui l’on reconnaît ainsi qu’il a subi une sorte de préjudice moral, mais il ne prétend évidemment pas réparer un préjudice matériel."

Bon, c'est bien, mais paye-t-on cette somme ?

Allez, je vais être franc: google n'est pas mon ami cette fois-ci et je ne vais pas passer la journée à faire des recherches, surtout que je pense vraiment que le paiement est symbolique lui aussi.

Vous remarquerez l'augmentation de plus de 550% lors du passage du "franc symbolique" à l'euro symbolique. Cela aurait été amusant de lire une condamnation à "15 centimes d'euro symboliques"!

Mais ce qui m'aurait vraiment amusé, c'est qu'on prévoit effectivement le versement de la somme, au moins pour le symbole...

Nul n'est censé ignorer la loi

J'inaugure une rubrique "questions à deux euros" pour y placer toutes les questions (souvent assez bêtes) que je me pose et qui nécessite de ma part une petite recherche.

"Nul n'est censé ignorer la loi".
Je trouve cette adage fréquemment cité (souvent d'ailleurs avec l'utilisation incorrecte du mot "sensé": 10500 contre 77900 pour "censé" sur google) avec ironie car il est souvent sous-entendu qu'il n'est pas possible de connaitre toutes les lois.

De plus, un expert judiciaire n'étant pas un juriste (enfin par forcément), j'ai souvent des sueurs froides liées à une éventuelle méconnaissance d'un point de procédure.

J'ai voulu donc savoir effectivement ce que signifiait cet adage.
Mes meilleurs résultats:
Sur le site vie-publique.fr:
"Ce célèbre adage ne signifie pas que tout citoyen est censé connaître l’ensemble des textes législatifs et réglementaires (décrets, circulaires…) existant dans l’ordre juridique français. Avec 8 000 lois et plus de 110 000 décrets en vigueur, le plus studieux des juristes ne relèverait pas un tel défi...
Cet adage représente en fait une fiction juridique, c’est-à-dire un principe dont on sait la réalisation impossible, mais qui est nécessaire au fonctionnement de l’ordre juridique. Ici, la fiction est évidente : personne ne peut connaître l’ensemble des lois. Mais dans le même temps, cette fiction est éminemment nécessaire. En effet, si elle n’existait pas, il suffirait à toute personne poursuivie sur le fondement d’une loi d’invoquer (et même de prouver) son ignorance du texte en cause pour échapper à toute sanction. On comprend que les règles perdraient toute efficacité devant la facilité avec laquelle on pourrait se soustraire à leur application."

C'est tout de suite plus clair.

En fait, je pensais simplement que l'adage signifiait: "Nul n'est censé ignorer que la Loi existe", et que pour la connaître, il suffisait de s'adresser à un juriste (ou faire des études de Droit).

J'ai trouvé également un article intéressant dans le Code Pénal:
Article 122-3 du Code Pénal:
"N'est pas pénalement responsable la personne qui justifie avoir cru, par une erreur sur le droit qu'elle n'était pas en mesure d'éviter, pouvoir légitimement accomplir l'acte."
Mail il semblerait que la jurisprudence sur ce point soit très restrictive.

Bon, pour toute explication supplémentaire, contactez votre avocat préféré.

11 décembre 2006

Comment devenir expert judiciaire ?

Les experts judiciaires sont des professionnels habilités chargés de donner aux juges un avis technique sur des faits afin d'apporter des éclaircissements sur une affaire.

Le juge choisit en général un expert qui est inscrit sur une liste établie à la cour d'appel dont il dépend (voir la liste des cours d'appel sur wikipedia par exemple).

Pour demander son inscription sur une liste d'expert, il suffit d'adresser, avant le 1er mars, un courrier au procureur de la République du tribunal de grande instance dans le ressort duquel on exerce son activité professionnelle et précisant les rubriques de la liste pour lesquelles la demande est faite.

Le courrier doit être accompagné de:
- un CV
- un extrait de casier judiciaire
- une copie certifiée conforme des diplômes
- toutes pièces permettant d'apprécier ses compétences

Un coup de téléphone à sa cour d'appel peut être utile pour savoir s'il faut des documents complémentaires (photos, etc.)

Si votre demande est acceptée, vous serez convoqué pour prêter serment. C'est aussi le bon moment pour contacter une compagnie d'experts pour parler formations, procédures, assurance...

Plus d'informations en cliquant ici (mais il faudra réfléchir).

Mon PC à 10000 m

J'ai un petit Dell Dimension 2400 qui sert à l'un de mes enfants et dont je voudrais augmenter la mémoire (du Dell, pas de ma fille). Aussi sec, je vais sur le site Dell pour y trouver les spécifications de cette machine (mémoire max et type de mémoire).

Quelle ne fut pas ma surprise de voir dans le tableau des spécifs, que cette machine a été conçue pour fonctionner entre -15,2 m et 3048 m. Pourquoi donc -15,2 m (-50 pieds) ?

Mais le plus drôle, ce sont quand même les limitations du stockage: le PC ne doit pas être stocké à moins de -15,2 m (encore!), ni à plus de 10670 m.

Zut, j'avais un temps envisagé d'utiliser un ballon à hélium pour faire du stockage de PC en vol stationnaire à 10000 m !

Les 10 commandements de ce blog

1) Je suis Blog, ton Dieu, qui t'ai fait sortir de la vie réelle, monde de servitude
2) Aucune image tu ne posteras
3) Orthographe et grammaire toujours tu vérifieras
4) Souviens toi du jour de RTT, pour le sanctifier
5) Honore ton entreprise, qui te nourrit, afin que tes jours se prolongent dans le pays que Blog, ton Dieu, te donne.
6) Tu ne commettras point d'homicide en pérorant contre autrui.
7) Tu ne commettras point d'adultère en postant ailleurs des commentaires.
8) Tu ne déroberas point de billets sur un autre blog.
9) Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain en jouant au Troll.
10) Tu ne convoiteras point le blog de ton prochain; tu ne convoiteras point l'audience de ton prochain, ni son ordinateur, ni son site web, ni ses compétences, ni sa souris, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain.

Bien sur, toute ressemblance avec ces dix autres commandements est fortuite.

08 décembre 2006

Faire parler l'imprimante

Il y a quelques temps, je suis allé donner ma carte me présenter devant le nouveau magistrat instructeur. Pensant échanger quelques banalités pendant cinq minutes, je fus surpris lorsqu'il me demanda "Bon, qu'est-ce que vous savez faire?".
Moi: "Heu, ben, heu, je sais extraire des informations d'un disque dur..."
Lui: "Oui, certes, mais qu'est-ce que vous savez faire d'extraordinaire?"
Moi: "Ben, en fait, rien d'extraordinaire. Je connais bien les procédures, je connais bien l'informatique, mais je ne vois rien de particulièrement extraordinaire à raconter."
Lui: "Ah bon? Là d'où je viens, je travaillais avec un expert capable de faire parler les imprimantes"
Moi: "Ah, ça ! Mais, heuu, cela va dépendre du modèle, mais il ne devrait pas y avoir de problème. En tout cas, je peux étudier la question."

En revenant, dans la voiture, j'étais perdu dans mes pensées. Devais-je lui dire que je n'ai pas la moindre idée de comment une imprimante fonctionne? Moi, je clique sur "imprimer", c'est tout. Je sais la brancher, l'installer sous Windows, sous Linux. Je sais (parfois) pourquoi rien ne sort quand j'essaye d'imprimer un document (urgent). Je sais que les documents sont parfois "spoolés" avant d'être envoyés vers l'imprimante. Je sais qu'il y a des serveurs d'impression pour gérer les imprimantes en réseau.

Mais je ne sais pas du tout comment fonctionne la mémoire d'une imprimante. Je me suis senti nuuuuul.

Une fois rentré à la maison, j'ai fait des recherches sur internet (google is my friend). Puis j'ai démonté une vieille imprimante. Puis j'ai démonté une imprimante neuve. Puis j'ai fait des recherches sur les photocopieurs/imprimantes du boulot. J'ai téléphoné à mes fournisseurs pour qu'ils m'expliquent comment récupérer les dernières impressions effectuées sur le photocopieur/imprimante/fax/machine à café du travail, quitte à devoir démonter le disque dur interne du photocopieur.

Bon, voilà mes conclusions:
Pour les photocopieurs/imprimantes avec disque dur, il est possible de récupérer une grande partie des données imprimées (avec l'aide du constructeur, car parfois les données sont cryptées).
Pour les imprimantes des particuliers, le plus simple reste d'analyser le contenu du disque dur des ordinateurs qui conservent trace des fichiers générés lors des impressions. Il "suffit" de disposer des logiciels analysant les différents langages d'impression utilisés par les constructeurs d'imprimante.

Encore des frais d'achat logiciels en perspective.
Je vais quand même attendre une mission sur le sujet.
Et puis, il y a toujours les collègues des listes de diffusion qui peuvent aider.

Quand je passe près d'une imprimante maintenant, je pense "toi, si tu pouvais parler, qu'est-ce que tu pourrais raconter?"

Et parfois, cela me fait peur.

06 décembre 2006

SPAM mon amour

Il y a quelques années, j'ai acheté un nom de domaine pour mon usage privé.
Récemment, mon hébergeur m'a proposé de mettre en place des filtres anti SPAM.
En voilà une idée qu'elle est bonne !(me suis-je dit)
Je reçois environ 30 SPAM par jour sur mes adresses emails privées contre 5 messages réels. Tout ce qui peut faire baisser ce ratio est bon à prendre.
Ayant mis en place pour mon travail un système antiSPAM assez efficace (postgrey+SPAMassassin), je me dis qu'enfin je vais pouvoir bénéficier des dernières technologies de lutte antiSPAM.
Me voilà donc parti pour mettre en place des filtres via l'interface web proposée par mon hébergeur. Le principe est très simple: une partie détection, une partie action.
Dans la partie détection, je choisis "antispam, score supérieur à 100" (100 quoi, je ne sais pas, mais il paraît que si un email atteint ce score, c'est un spam à 100%).
Dans la partie action, je choisis "refuser avec ce motif: j'aime pas le spam".
Et paf, prend ça dans les dents!

Deux jours plus tard, bilan: catastrophe!
Je reçois un nombre incalculable de messages d'erreur. Evidemment, les SPAM utilisant des adresses de retour bidon, le filtre proposé par l'hébergeur n'avait aucun sens. En fait de technologie de pointe, le filtre est un bête retour à l'envoyeur, technique très frustre périmée depuis des lustres. Je modifie le filtre en mettant comme action "supprimer définitivement".

Trop tard! Mon nom de domaine a été repéré par les spammeurs. Non seulement je continue à recevoir des SPAM, mais je reçois maintenant un nombre invraisemblable de messages d'erreur en provenance de serveurs de messageries m'indiquant que bons nombres de spammeurs utilisent dorénavant mon domaine privée comme adresse d'expéditeur ou comme adresse de retour.

Conclusion:
Je reçois depuis trois semaines environ 80 SPAM par jour contre 5 messages valables.

C'est Hirochima.

Heureusement, j'utilise "Thunderbird" comme logiciel de messagerie. Tous les SPAM sont repérés correctement et mis de côté.

J'envisage de plus en plus d'héberger mon nom de domaine sur mes propres serveurs pour pouvoir mettre en place une politique antiSPAM efficace.

Pour ceux que cela intéresse, je ferai prochainement un billet sur postgrey.

02 décembre 2006

Le siècle des lumières

Etre expert judiciaire en informatique, c’est devoir être prêt à tout et devoir tout savoir sur tout.

Missionné dans un dossier où l’entreprise type « bulle internet an 2000 » avait mis la clef sous la porte, je devais analyser le contenu de tous les ordinateurs et en faire l’inventaire à fin de vente aux enchères. Accompagné du commissaire priseur disposant des clefs et de quelques informations de type « mots de passe » susceptibles de me faire gagner du temps, je me retrouve dans l’ex jeune pousse.

Je m’apprête à remplir mes missions quand soudain un horrible doute me prend.
Je me tourne vers le commissaire priseur :
« Y a-t-il de l’électricité ? »
« Non, le compteur a été coupé il y a plusieurs mois. »
« Et comment vais-je analyser le contenu des ordinateurs ? »
« Ben c’est vous le spécialiste. »

200 km pour rien, une journée de perdue.
Maintenant je sais quelle question il faut ajouter à ma « check list » d’avant expertise.

30 novembre 2006

Citations le retour

Citations attribuées à CHURCHILL

* Certains pensent que le chef est le loup à abattre, d'autre voient en lui une vache à lait, mais rares sont ceux qui voient en lui le cheval qui tire la charrue.

* Il n'y a aucun mal à changer d'avis. Pourvu que ce soit dans le bon sens.

* La critique peut être désagréable, mais elle est nécessaire. Elle est comme la douleur pour le corps humain : elle attire l'attention sur ce qui ne va pas.

* La Russie est une devinette enveloppé de mystère au sein d'une énigme.

* Le golf consiste à mettre une balle de 4 cm de diamètre sur une boule de 40 000 km de tour et à frapper la petite, non la grande.

* Le succès c'est d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme.

* Les économies, c'est très bien, surtout si vos parents les ont faites pour vous.

* Pour s'améliorer, il faut changer. Donc, pour être parfait, il faut avoir changé souvent.

* Si deux hommes ont toujours la même opinion, l'un d'eux est de trop.

* Sous le capitalisme, les gens ont davantage de voitures. Sous le communisme, ils ont davantage de parkings.

* Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté.

* Une pomme par jour éloigne le médecin, pourvu que l'on vise bien.

* [En réponse à une opposante politique qui lui avait déclaré à la radio :]
- Monsieur, si vous étiez mon mari, je vous ferais un café empoisonné
- Madame, si vous étiez ma femme, je le boirai.

Le distributeur de billet

Perdu dans mes pensées, poussant mon charriot dans la galerie marchande de ma grande surface favorite, j'entends une personne parler à un distributeur de billet.

Toujours prêt à me moquer de mes contemporains (j'ai un mauvais fond), je m'arrête à distance pour écouter la bêtise humaine:
Lui à la machine: "Et ça remarchera bientôt?".
Aussi sec, la machine lui répond: "Je reprends mon service dans un quart d'heure".

Stupéfait, je regarde aussitôt s'il n'y a pas un complice quelque part dans la galerie, des caméras cachées derrière les fleurs. Rien. Je reste à mon poste d'observation. Après tout, il y a bien des pompes à essence qui vous explique la marche à suivre.

Lui: "Mais j'ai des courses à faire".
La machine: "Je ne peux pas répondre à cette question".

Normal, l'intelligence artificielle n'est pas suffisamment développée aujourd'hui pour traiter des propos aussi éloignés de la spécialité de la machine. Amusé, je pousse donc mon charriot juste devant le distributeur "nouvelle génération".

Un réparateur bien humain était installé à l'intérieur (derrière en fait) et faisait sa pause déjeuner avant de reprendre ses activités d'entretien. Il avait démonté tout l'arrière de l'appareil, et on pouvait facilement lui parler.

J'ai été très déçu.

PS: Quand j'ai raconté l'anecdote à ma femme, elle m'a tout de suite dit qu'il devait y avoir quelqu'un à l'intérieur. Je suis parfois très naïf.

28 novembre 2006

Tribun du troisième age

J'aime les amphis.
Je veux dire, j'aime faire cours en amphi.
J'aime parler d'une voix forte en essayant d'intéresser mon auditoire.

Il n'en a pas toujours été comme cela...

Le jour d'obtention de mon DEA, ma directrice de recherche me demande de publier mon travail dans un colloque. Elle m'explique alors qu'il me faudra présenter mes travaux lors d'une intervention d'environ 15 mn devant un parterre de chercheurs. Particulièrement flatté, j'ai immédiatement accepté.

Quelques mois après, la date du colloque approchant, je commençais à me sentir dans des petits souliers.

Le jour J, j'étais terrorisé.

A l'heure H-1, j'assistais tétanisé à une furieuse altercation entre un chercheur du public et l'orateur qui me précédait.

Me voici sur l'estrade, face au public composé de 200 chercheurs du domaine où j'ai effectué mes (modestes) recherches.
Je commence mon intervention en parlant doucement dans le micro.
Immédiatement ma voix est couverte par celle d'un vieillard parlant en même temps que moi. Curieusement, cette voix chevrotante sortait des hauts parleurs de la salle. J'ai fini par comprendre que cette voix, c'était la mienne... J'ai stoppé mon discours, pris une grande inspiration et présenté mes excuses à la salle en leur indiquant qu'il s'agissait de ma première intervention publique.
Ma voix est redevenue normale (enfin presque) et j'ai pu poursuivre mon intervention.

Personne ne m'a agressé et tout le monde a applaudi (poliment).
J'en suis très fier.

27 novembre 2006

Citation

"L'erreur consiste à croire qu'une personne intelligente
n'est pas capable d'être bête"
Emmanuel BERL

Curriculum Vitae

Pour me dévoiler un peu plus, je vous livre "le cours de ma vie":

Zythom
Age: entre 30 et 60 ans (selon les artères)
Marié, 3 enfants (deux filles, un garçon)

Expériences professionnelles :
1) Expert judiciaire en informatique depuis ma prestation de serment "près la" Cour d'Appel, je sais faire parler une imprimante à jet d'encre sympathique.
2) Passionné par la recherche en IA, j'ai participé à la programmation des réseaux de neurones de HAL dans 2001.
3) Informaticien depuis ma naissance, déjà tout petit je programmais ma TI57. Expert en Jacquard, Fortran, Cobol, Algol, Lisp, Snobol, Simula, Forth, Logo, Smalltalk, sicharp.
4) Spécialiste des vélos d'appartement sans selle, spéléologue, agoraphobe, capable de passer six mois seul dans mon bureau de 3m2 tout en communiquant avec ma famille par ordinateurs interposés, marié, trois enfants, j'ai le profil type pour être le premier homme à marcher sur Mars. Je m'entraine depuis vingt ans, alors quoi, contactez moi !

Formation initiale:
Ingénieur informaticien, je suis ingénieur informaticien.
DEA en logique temporelle.
Thèse connexionniste.

Expériences personnelles :
Membre du GGAG (Groupe des Gastronomes Amateurs de Gouffres)
Foot, Natation, Tennis, Aviron, Handball, Spéléologie, Pineau, TNT

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24 novembre 2006

Pourquoi les données numériques ne devraient pas avoir de propriétaire

En préparant une conférence sur les logiciels libres, je suis bien entendu tombé sur l'article de Richard Stallman "Pourquoi les logiciels ne doivent pas avoir de propriétaire".

Je me suis amusé à modifier cet article pour l'adapter aux données numériques de façon générale (musique, fichiers, programmes, etc.). Cela donnerait ceci:

"Les techniques numériques de l'information contribuent à l'intérêt général en rendant plus commodes la copie et la modification de l'information. Les ordinateurs apportent la promesse de faciliter ces opérations pour tous.

Tout le monde ne veut pas de cette simplification. Le système du droit de copie attribue aux programmes informatiques données numériques des «propriétaires», qui pour la plupart souhaitent en garder pour eux les bénéfices potentiels et non les ouvrir au public. Ils veulent être seuls à pouvoir copier et modifier les logiciels données que nous utilisons.

Le système du droit de copie s'est développé en même temps que l'imprimerie, une technique de copie à grande échelle. Le droit de copie était adapté à cette technologie parce qu'il ne limitait que la copie à grande échelle. Il ne privait pas les lecteurs de livres de leurs libertés : le lecteur moyen ne possédait pas de presse à imprimer, et il lui arrivait de recopier des livres avec sa plume et son encrier. Les lecteurs ne se voyaient pas traînés devant les tribunaux parce qu'ils avaient ainsi recopié des livres.

Les techniques numériques sont plus souples que la presse d'imprimerie. Une fois sous forme numérique, il devient facile de recopier l'information pour en faire profiter d'autres personnes. Cette souplesse place le support numérique en porte-à-faux dans un système comme le droit de copie. C'est pour cette raison que de plus en plus souvent des mesures sévères et désagréables sont prises afin de renforcer le droit de copie pour les logiciels données numériques.

[...]

Les propriétaires ont inventé divers arguments pour justifier leur prise de contrôle de la manière dont nous utilisons l'information :
* Les insultes.
Les propriétaires emploient des expressions péjoratives comme «pirate» ou «vol» en les associant à une terminologie plus technique comme «propriété intellectuelle» ou «préjudice». Ils conduisent ainsi le public à penser comme ils le veulent, par une analogie simpliste entre les programmes d'ordinateurs données numériques et les objets du monde physique.
Nos idées et nos intuitions sur la propriété des objets matériels se rapportent à la question de savoir s'il est juste d'emporter un objet qui appartient à quelqu'un d'autre. Elles ne s'appliquent pas directement à la recopie de quelque chose. Mais les propriétaires nous demandent de les appliquer quand même.

* L'exagération.
Les propriétaires disent subir des «dommages» ou des «pertes économiques» du fait que les utilisateurs recopient eux-mêmes les programmes données. Pourtant le fait de la copie n'a aucun effet direct pour le propriétaire et ne fait de mal à personne. Le propriétaire ne subit une perte que dans la mesure où la personne qui fait cette copie aurait été prête à payer au propriétaire le prix d'un autre exemplaire.
Or en y réfléchissant un petit peu, on conclut vite que la plupart de ces personnes n'auraient pas acheté le logicielles données numériques. Ce qui n'empêche nullement les propriétaires de calculer leurs «pertes» comme si toutes ces personnes avaient été des acheteurs potentiels. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils exagèrent.

* Le droit.
Les propriétaires parlent souvent des dispositions légales et des pénalités dont ils peuvent nous menacer. Implicitement, ils veulent nous dire là que les lois d'aujourd'hui reflètent un point de vue moral incontestable, et en même temps nous invitent à considérer les pénalités encourues comme des faits de nature, dont personne ne porte la responsabilité.
Ce type d'argumentation n'a pas été taillé pour résister au raisonnement critique mais pour venir renforcer une pensée routinière.
En aucune façon les lois ne sont des arbitres du bien et du mal. Tout Américain devrait savoir qu'il y a quarante ans, dans de nombreux États, il était illégal pour un Noir de s'asseoir à l'avant d'un autobus. Cependant seuls les racistes diront que c'était mal de le faire.

* Les droits naturels.
Souvent les auteurs revendiquent leur attachement affectif aux programmes qu'ils ont écrits données qu'ils ont assemblées et nous en font déduire que leurs désirs et leurs intérêts au sujet de ces programmes données sont plus importants que ceux de toutes les autres personnes, plus importants même que ceux du monde entier. Il faut ici remarquer que la plupart du temps ce sont les sociétés et non les auteurs qui détiennent les droits de copie sur les logiciels données, mais nous sommes censés négliger cette incohérence.
À ceux qui énoncent comme un axiome moral l'idée que l'auteur est plus important que le public, je peux seulement répondre que pour ma part, bien qu'auteur de logiciels très connu, je dis que c'est du chiqué.
[...]"

Amusant non?
Essayons maintenant d'imaginer un monde où les droits d'auteur n'existeraient pas. Cela règlerait du même coup tous les problèmes liés aux copies MP3, aux réseaux p2p, etc.
Les musiciens (et leur maison de disque) vivraient de leurs concerts et tournées.
Les informaticiens (et leur société) vivraient de leur savoir faire et des services qui pourraient rendre.
Les articles, les photos, les livres pourraient être copiés, modifiés et transformés à l'infini.

J'aime assez cette idée, car cela ressemble fortement à l'internet d'aujourd'hui :)

Bien sur, je n'en fais pas parti, c'est bien trop subversif.

23 novembre 2006

La poubelle est pleine

Un expert judiciaire en informatique se doit de disposer de tous les logiciels (parfois forts onéreux!) permettant de récupérer les fichiers effacés sur les disques durs saisis.

Cela demande la maitrise absolue de ces logiciels, mais aussi des concepts sousjacents parfois complexes de l'organisation des supports de stockage.

Parfois, c'est beaucoup plus simple que cela:
dans une récente expertise où j'accompagnais la maréchaussée lors d'une perquisition, une fois les mots de passe obtenus auprès de Madame (Ah le prestige de l'uniforme...), j'étais prêt à sortir tout mon savoir faire pour impressionner mon petit monde.
Le gendarme qui regardait l'écran par dessus mon épaule me dit: "tiens la corbeille n'est pas vidée".
La totalité des documents supprimés depuis le début de l'utilisation de cet ordinateur se trouvaient encore dans la corbeille! Tous les documents intéressants l'enquêteur s'y trouvaient, le propriétaire de la machine pensant qu'il suffisait de faire "supprimer" pour détruire définitivement un fichier.

On s'étonne après que les gendarmes ne font plus appel aux experts informatiques.
C'est vrai que mes honoraires dans cette expertise ont du avoir du mal à passer auprès du gendarme que j'accompagnais... Mais j'ai des frais: il faut que je rembourse mes logiciels d'investigation.

20 novembre 2006

L'horreur de la pédophilie

Ce billet n'est pas à lire si l'on a moins de seize ans.
Je demande donc à mes enfants et à ceux des autres de passer leur chemin.
Ames sensibles s'abstenir.

Lors d'une discussion avec des amis, nous avons abordé le sujet des crimes que l'on est amené à traiter dans le cadre professionnel. Autour de la table, plusieurs professions étaient concernées: des avocats, des médecins, un expert judiciaire en informatique (moi). La discussion tournait autour des atrocités que nous avions pu être amenées à voir dans le cadre de nos dossiers. Les avocats présents nous ont parlé des photos qu'ils sont amenés à étudier dans les dossiers criminels (cadavre au visage lacéré par des coups de couteaux, etc.) Les médecins nous ont parlé des cas les plus tragiques qu'ils ont pu rencontrer (en générale, c'est assez gore). Finalement, cette discussion me laissait un sentiment de "déjà vu à la télé". Un mélange d'"Urgences" et de "NCIS" (vous savez, la salle d'autopsie).

Qu'ai-je eu à raconter sur mes dossiers? Rien.
Je n'ai pas pu.
Je n'ai pas réussi à parler de l'horreur que je rencontre dans les dossiers pédophiles.
Je la livre ici.

Je suis pourtant capable de supporter les 20 premières minutes du film "Il faut sauver le soldat Ryan", j'observe sans (trop) fermer les yeux une opération de chirurgie dans "Nip/Tuck". Mais bien sur tout ceci est fictif, une oeuvre de fiction basée sur des faits réels.

Comment expliquer l'horreur d'une image pédophile?
Une image pédophile, c'est une enfant de quatre ans empalée sur un sexe d'homme. On y voit clairement la souffrance de l'enfant liée à la différence de taille entre les deux sexes.
Une image pédophile, c'est un garçonnet de cinq ans sodomisé par un homme qui lui déchire le corps.
Une image pédophile, c'est une fillette qui a en bouche un sexe plus grand que sa tête.

Un dossier pédophile, c'est un expert judiciaire qui pleure tout seul dans son atelier.

On n'en parle pas autour d'une table, on n'en parle pas à la TV, on n'en parle pas sur les blogs. On travaille en silence, consciencieusement, et avec nous les gendarmes, la police, les greffiers, les magistrats, et d'autres, qui luttent contre ce fléau.

Ce billet est une thérapie personnelle.

PS: Je n'accepterai aucun commentaire sur ce billet.

19 novembre 2006

Bogue

Extrait d'un de mes anciens rapports d'expertise:
"Il est à noter que pendant la réunion d’expertise, le terme « bogue » a été sujet à discussion. En effet, Monsieur XX, expert auprès de la société YY, considère que ce terme ne peut pas s’appliquer au progiciel ZZ car le dysfonctionnement a un caractère aléatoire. Pour ma part, je me réfère à la définition plus générale de la « bogue » suivante :
Bogue, n. f.
Défaut de conception ou de réalisation se manifestant
par des anomalies de fonctionnement.
Anglais : bug.

qui est présentée dans le Glossaire informatique des termes de la Commission ministérielle de terminologie informatique. Ces termes ont été publiés par la CMTI et l'AFNOR dans la collection A SAVOIR de l'AFNOR, sous le titre Glossaire des termes recommandés de l'informatique.
Je choisi donc de faire usage dans mon rapport du terme « bogue » sous cette définition qui s’applique ici parfaitement.
Le progiciel ZZ possède donc une bogue."

Je pourrais compléter ce rapport aujourd'hui par cet extrait de wikipédia:
"En France, le terme « bogue » est recommandé par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLF) depuis un arrêté paru au Journal officiel du 30 décembre 1983. Ce mot, qui se veut plus français, n'exprime pas une étymologie. C'est pourquoi peu de gens utilisent la version francisée. À cette époque le genre féminin était préconisé.
Cependant à la fin de la décennie 1990, les dictionnaires tels que le «Nouveau petit Robert» et «Le Petit Larousse illustré» rapportaient l’usage de ce terme au masculin, sans doute sous l’influence québécoise où l’Office québécois de la langue française (OQLF) prônait depuis longtemps l’emploi du genre masculin. Le terme français a été popularisé avec le fameux bogue de l'an 2000 qui, sans avoir entraîné de dysfonctionnement visible majeur, a néanmoins nécessité beaucoup de travaux de transformation des systèmes d'information dans la décennie 1990.
Désormais la DGLF recommande aussi le genre masculin pour ce mot."

Reste qu'à l'époque, ce qui m'avait amusé, c'était la tentative de l'expert "adverse" de me faire écrire que le logiciel de sa cliente n'était pas "bogué" car son dysfonctionnement était aléatoire.
Ce qui m'avait amusé également, c'était la réticence de toutes les personnes présentes à la réunion à utiliser le terme français de "bogue", qui plus est en son genre féminin...
On a les amusements que l'on peut.

18 novembre 2006

Déplacement payant

Dans une affaire opposant un gérant d'un magasin informatique et un de ses clients, je m'affairais à organiser la première réunion d'expertise judiciaire.
Je contacte tout d'abord les différents avocats et nous convenons de plusieurs dates possibles pour cette première réunion.
Je contacte ensuite le gérant pour proposer ces différentes dates.

Immédiatement le gérant m'informe qu'il n'est pas question pour lui de se déplacer chez son client.

Face à mon étonnement puisque le matériel défectueux se trouvait chez le client, le gérant me répond:
"Je veux bien venir à cette réunion à la condition expresse que mon client me paye le déplacement"

J'avoue être resté sans voix.

PS: J'ai bien entendu adressé les convocations par lettres recommandées avec les avertissements usuels en cas d'absence d'une des parties. Le gérant est venu, mais avec 20 mn de retard à cette réunion.

Accès aux données professionnelles

Une fois n'est pas coutume, je cite in extenso un article du 17 novembre 2006 de l'excellent site legalis.net.
"Un salarié qui crypte son poste informatique commet une faute grave justifiant son licenciement. Cette règle vient d’être énoncée par la chambre sociale de la Cour de cassation le 18 octobre 2006.
En l’espèce, un salarié avait crypté son ordinateur, empêchant ainsi son employeur d’y avoir accès et de consulter les documents qui s’y trouvaient en son absence. Ce dernier a estimé qu’il s’agissait d’une faute grave justifiant son licenciement sans préavis. La Cour de cassation lui a donné raison aux motifs qu’un employeur doit pouvoir accéder au poste informatique de ses salariés en leur absence et consulter les dossiers qui s’y trouvent. En effet, ceux-ci sont présumés professionnels. Cependant, ce droit accordé de l’employeur ne s’étend pas aux fichiers et aux dossiers que le salarié a expressément qualifiés de personnels. Cette règle est issue de la jurisprudence Nikon de 2001 qui consacre un droit au respect de la vie privée du salarié pendant son temps et sur son lieu de travail.
Les juges doivent alors définir ce qui appartient au domaine de la vie privée. Ainsi, une décision de la Cour de cassation du 19 mai 2004 a décidé que la consultation et l’animation d’un site pornographique n’en faisait pas partie."

Depuis que j'exerce comme responsable des systèmes d'information, j'ai toujours refusé l'accès aux données informatiques stockées localement sur l'ordinateur d'une personne en l'absence de celle-ci. Je découvre aujourd'hui que j'ai parfois donné inutilement des sueurs froides à un chef de service qui essayait de récupérer un courrier tapé la veille par sa secrétaire avant de partir en vacances...
Pourtant, je connais l'arrêt Nikon, mais dans mon esprit le salarié était plus protégé que cela.
Encore qu'il lui suffit de mettre toutes ses données locales dans un dossier intitulé "personnel" pour que personne ne puisse y accéder (sans ordonnance d'un magistrat bien entendu).
Quand je pense que dans mon entreprise le personnel hurle quand les informaticiens entrent dans leur bureau en leur absence pour installer un logiciel ou réparer leur ordinateur...

Anecdotes d'expertises

J'ai décidé d'ouvrir une nouvelle rubrique consacrée aux différentes anecdotes que j'ai pu rencontrer lors de mes expertises.
Je vais pour cela fouiller dans mes archives et réouvrir mes anciens dossiers pour y relever les méchantes attaques des avocats, les intitulés de missions délirants, les propos marquants tenus en réunion d'expertise, etc.
Cela ne fera rire certainement que moi, mais après tout, c'est mon blog.

A bientôt donc dans la rubrique "Anecdotes expertises".

Chips - Crunch - Paf

Nos enfants jouent depuis fort longtemps à un jeu de récréation (débile à nos yeux, mais qui les amuse beaucoup et donc attendrissant à nos même yeux): le chips - crunch - paf: lorsque deux personnes (ou plus) prononcent le même mot ou la même expression en même temps, les personnes du groupe doivent dire "chips, crunch". La dernière personne à réagir (ou à ne pas réagir) reçoit une petite tape sur la tête de la part des autres.
Ma femme et moi connaissons ce jeu pour avoir vu nos deux grandes filles y jouer plusieurs fois à table (je sais, ce n'est pas bien mais nous jouons à table).
Ce midi, les deux grandes filles disent le même mot en même temps et aussitôt prononcent le fatidique "chips - crunch" et nous regardent tous les trois.
Ma femme, perdue dans ses pensées, les regarde sans comprendre.
Moi, par jeu, prononce les mots magiques salvateurs "chips - crunch".
Alors que d'habitude les choses en restent là, à la surprise générale, nous entendons notre fils de quatre ans, du haut de son réhausseur, prononcer d'une petite voix "chips crunch".
Et les deux grandes de se ruer sur leur mère pensive et de lui infliger une tape sur la tête.

Ca lui a fait mal.
Les quatre autres ont beaucoup ri.
Il n'y a plus de respect.

08 novembre 2006

Catachrèse

Lu ce jour sur Wikipédia:
La catachrèse (du grec κατάχρησις katákhrêsis, « emploi (abusif) ») est, avec l'emprunt lexical, l'un des procédés par lesquels le lexique d'une langue s'enrichit. Elle donne un sens nouveau à un mot ou à une expression qui existe déjà en étendant ce sens à l'aide d'un trope, ou figure de rhétorique en un seul mot (ou expression). La destinée normale d'une catachrèse est de se lexicaliser, de sorte qu'on oublie que le mot n'a pas toujours eu ce sens-là. Par exemple, on ne voit plus que poubelle est une antonomase (et aussi une métonymie), du nom du préfet de la Seine Eugène-René Poubelle qui imposa en 1884 l'usage de ce récipient.

Il y a dans ce texte six mots ou expressions dont le sens m'échappe complètement. Heureusement l'article renvoie à chaque fois vers la définition, qui elle-même contient entre deux ou dix mots inconnus. Résultat: une heure passée dans les définitions en espérant qu'un ou deux de ces mots nouveaux restent dans ma mémoire...

Vive la langue française !

Retraite II le retour

Dans un billet précédent, je narrais l'annonce du départ à la retraite de l'institutrice de ma fille cadette à la réunion de parents d'élèves.
Cette fois ci, c'est plus stupéfiant:

Décor: Nous sommes à table mes enfants, ma femme et moi.

Moi: Alors, raconte nous un peu ta journée à l'école ce matin.

Ma fille ainée: Se mat1, la pr0f d mat ns a anoncé q cété son dernié kour vec ns cr L parté ala retrait ojdui. d2m1 on ora 1 renplassan
Traduction: Ce matin, la prof de math nous a annoncé que c'était son dernier cours avec nous car elle partait à la retraite aujourd'hui. Demain, on aura un remplaçant.
Outil pour traduire du Français vers le langage SMS.

Ma femme et moi: !!!!!!!!!!!!!!!

Moi: A bon? Elle vous a annoncé ça aujourd'hui?

Ma fille: Bin oui.

Ma femme à moi et moi à ma femme: Voilà un professeur (de collège) qui part à la retraite en pleine année scolaire, finissant sa carrière par une sortie peu glorieuse, en rasant les murs. Annonçant son départ aux enfants le dernier jour au dernier cours, elle faut(*) à son devoir et à la responsabilité qu'elle avait de prendre en charge l'éducation de nos enfants.

Ma fille: On peut prendre notre dessert?

Moi: Est-ce que tu appréciais cette prof?

Ma fille: Non, elle était nulle.

Nous: Bon espérons que son remplaçant sera meilleur.

Conclusion: je n'ai pas pris de dessert.

(*) Le verbe "faillir" au présent. Vous pouvez vérifier dans votre Bescherelle. J'en suis le premier surpris, c'est ma femme qui m'a corrigé. Elle n'est pas Avocate pour rien...

A tous cheux qui ne connaitro pas le ch'ti

Cha vaut l'peine eud s'y mette ! Chéto à mourir eud rire.

Quelques "madame, monsieur ont un fils une fille" spécialement pour
les jins de ch'nord. Chè court, liso jusquo biou ! Arvette bein autour
eud'ti pour vire si n'a pon un qui t'arluquent pindin qu'té
t'bidonne...

Pour les ch'ti, y conprindront. Pour cheux qui chont de ch'coin
chi et qui compren'te, cha va et'eune frainche partie eud' rigolade!
Pour les aut' che ch'ra incor plus drole eud'pinser à leurs
tiétes ein echayant eud' déchiffré...

Mr et Mme EUTMEULE ont un fils : Alphonse (Elle roule vite ta mobylette)

Mr et Mme TEUTMARONNE ont un fils : Armand (Remonte ton pantalon)

Mr et Mme ARDELPIC ont un fils :Helmut (La moutarde, elle pique)

Mr et Mme BIEREQUEJPREFERE ont un fils :Michel (Moi, c'est la bière que je préfère)

Mr et Mme GEDELPATATE ont un fils : Germain (Je re-mange de la pomme de terre)

Mr et Mme IDEKI-LAHULA ont un fils : Heinrich (Une riche idée qu'il a eu là)

Mr et Mme NADBARAQUE ont un fils : Arthur (Retourne à ta maison)

Mr et Mme QUINQUIN ont deux fils :Thor, Mathieu (Dort mon petit enfant)

Mr et Mme ZOBIBRAIRO ont deux fils :Yves et Romain (S'il voyait mon sexe, il pleurerait)

Mr et Mme DESGROS ont une fille : Esmeralda (Sa mère en a des gros)

Mr et Mme ETROQUIEN ont une fille : Jessica (J'ai six chats et trois chien)

Mr et Mme BOFRAIRE ont 2 filles et deux garcons : Sheila, Sim, Camille, Edmond
(C'est la Simca 1000 de mon beau-frère)

Mr et Mme GEULALFENETRE ont une fille : Colette (Colle ta figure à la fenêtre)

Et la meilleur pour la fin
Mr et Mme EULRACINGCLUBEUDLENSQUEJPREFERE ont un fils : Michel
(Moi c'est le Racing Club de Lens que je préfère)

T'in veu 'cor ? t'gène pô:

BONUS 1:
Une histoire vraie arrivée à Saint Amand, dans le Nord (Oui, tout
est possible dins ch'Nord) racontée par une copine prof : Une
élève répond au joli prénom de Merline... Par curiosité, lors
d'une réunion, la prof demande à la mère : " Merline, le féminin
de Merlin ?" Et la mère de répondre : " Ben nan, Merline, comme
Merline Monroe quoi !"

BONUS 2:
Un copin médecin, nous en a raconté une du même type :
Lors d'une auscultation à l'hosto, il rencontre une mère et son
fils "CLITISS" . Curieux aussi, il a demandé à la mère d'où
venait ce prénom...
Attention très fort ... Ben, Clitiss comme Clitiss Wood !!!

Che chré bèdo d'garder tout sa rin k'pour ti...
Y'ch messaj'i'dvré ête envoyé à tou cheu qui veulent!
Chichi, ché bin ane chaine, a transmatre pour po sombrer d'un chtrou noir ou rin va bin !
Y doit bin faire el'tour de France é pi apré du monde (cha va ête plus dur...)

Un peu de bon sens

Il y avait longtemps, mais je cède encore à la tentation... Voici quelques citations sur le thème du "bon sens":

L'erreur est humaine mais un véritable désastre nécessite un ordinateur.

Les OVNI existent réellement, ce sont les incrédules qui n'existent pas.

Selon les derniers chiffres, 43 % des statistiques sont fausses.

"L'ennemi est con, il croit que c'est nous l'ennemi alors que c'est lui."
(Pierre Desproges)

Rappelez-vous que vous êtes unique comme tout le monde.

Une méthode facile pour sculpter un éléphant :
prenez un gros bloc de marbre et enlevez tous les bouts qui ne font pas partis d'un éléphant.

Les extrémistes devraient être fusillés.

Il existe deux types de gens : ceux qui divisent les gens en deux catégories, et les autres.

Si vos parents sont stériles, vous avez de grandes chances de l'être aussi.

Il est intéressant de voir que les gens qui se moquent de la science-fiction se fient à la météo et aux économistes.

Hésiter ou ne pas hésiter, là est la question.............. ou peut-être pas.

Tout ce que je demande, c'est une chance pour prouver que l'argent ne fait pas le bonheur.

Le travail d'équipe est essentiel. En cas d'erreur, ça permet d'accuser quelqu'un d'autre.

La conscience est ce qui fait mal quand tout le reste va si bien...

Ce qui est à nous est à nous, ce qui est à vous est négociable.

Adolf Hitler : "Quand on a perdu ses clefs, on tuerait la terre entière !"

Il y a trois sortes de personnes : celles qui savent compter et celles qui ne savent pas.

Des photos à l'infini

Quelle sensation d'infini lorsque l'on se promène dans les images du site interact10ways.com/usa/information_interactive.htm

C'est à la fois fascinant et angoissant.

Terminologie et néologie

Dans le journal officiel n°214 du 15 septembre 2006 est publié un avis de la commission générale de terminologie et néologie concernant le vocabulaire de l'audiovisuel et de la communication:

Il ne faut pas dire "home cinéma" mais "cinéma à domicile",
pas "webcam", mais "cybercaméra";
pas "blockbuster" (production cinématographique à gros budget), mais "grosse machine";
pas "story-board", mais "scénarimage";
pas "call TV", mais "télé-tirelire"...

Au passage, j'ai appris le mot "kakémono" qui signifie "grande affiche à suspendre" (merci google).

Autant j'applaudis les efforts louables d'une commission pour maintenir la richesse de la langue française, surtout dans le domaine technique, autant je m'attriste de voir que cet effort est fait par des technocrates isolés dans leur tour d'ivoire.

Pourquoi ne pas simplement valider tous les termes choisis par nos "cousins" canadiens qui sont confrontés directement au choc des langues.

Quels imbéciles ont choisi "mél" pour remplacer "email" alors que nos amis québécois utilisent depuis longtemps le mot "courriel", diminutif logique de "courrier électronique", traduction pendante de "electronic mail"?

Comment ne pas trouver stupide le mot "cédérom", transcription phonétique de CDROM signifiant "Compact Disc Read Only Memory", alors que l'expression "Disque Compact" nous tendait les bras?

Face aux Avocats dont le métier implique la maîtrise du mot juste, comment vais-je devoir rédiger un rapport d'expertise clair? Dois-je remplacer la phrase "Le disque compact mentionné dans le courriel a été trouvé dans le home-cinéma présent sur place et contenait le story-board d'un blockbuster destiné à une call TV" par la phrase suivante "Le cédrom mentioné dans le mél a été trouvé dans le cinéma à domicile présent sur place et contenait le scénarimage d'une grosse machine destinée à une télé-tirelire".

Après tout, c'est beaucoup plus joli.

26 octobre 2006

Informatique de confiance

L'informatique a ceci de fabuleux que l'on peut en faire son métier, vivre dedans à longueur de journée et méconnaître encore nombres de ses aspects.

Je suis tombé sur un papier consacré à l'"informatique de confiance" qui m'a poussé à faire une petite recherche sur Google, ce qui m'a amené sur ce lien.

Pas mal non?

Lire aussi bien sur ceci.

24 octobre 2006

Spéléologue

La spéléologie est la dernière activité d'exploration et de découverte accessible à tous qui existe aujourd'hui.
Tous les sommets importants ont été conquis, toutes les iles ont été explorées, tous les territoires vierges ont été approchés. Il reste certes quelques forêts, vallées ou déserts où l'être humain ne s'est guère avancé, mais les vraies explorations de surface sont maintenant sur Mars et ailleurs, inaccessible à tout un chacun.
La spéléologie continue de faire rêver ses pratiquants: le gouffre le plus profond (actuellement connu), la cavité la plus grande (actuellement connue), le réseau souterrain le plus long (actuellement connu, bon vous avez compris) ont été explorés, mesurés et cartographiés. Mais un simple spéléologue, même peu expérimenté, en écartant un buisson ou en soulevant une pierre, peut découvrir l'entrée d'un futur record du monde. Certes les grandes entrées évidentes ont été découvertes et explorées depuis longtemps, mais le frisson de la découverte existe encore et tous les mois plusieurs gouffres sont découverts et explorés en France même.
J'ai participé dans ma jeunesse, au sein d'un club d'étudiants parisiens, à des expéditions en Crête. Nous restions ainsi en Europe, assez loin pour être complètement dépaysés, assez prêt pour pouvoir y aller sans trop de frais. Le centre de la Crête recèle un potentiel calcaire très travaillé par l'eau dans lequel il est possible de faire des découvertes intéressantes.
Comment expliquer les sensations que l'on ressent lorsque l'on est le premier à s'aventurer dans un conduit souterrain, qui débouche sur une salle, elle même donnant sur un puit, puis sur un autre... Découvrir des salles magnifiques, des puits impressionnants, des vestiges amenés par l'eau. L'Aventure.
Avec nos moyens limités, nous avons découvert et exploré le gouffre le plus profond de Crête, devenant l'année suivante le gouffre le plus profond de Grèce lors de notre expédition suivante.
Quelle joie, quelle exultation de continuer une exploration, surtout après une année entière passée à l'imaginer, à la rêver...
Puis est venu le temps de la famille, l'âge, le goût diminué de l'effort physique, qui m'ont amené à mettre ces explorations entre parenthèses. Mais qui sait, dans quelques années, un retour de flamme providentiel me fera ressortir les descendeur, casque et lampe à acétylène pour repartir, le temps d'un week-end, à la recherche des sensations de ma jeunesse.

23 octobre 2006

Missions impossibles

Le recours à l’expertise judiciaire permet de pallier l’absence de connaissances du juge quant aux données scientifiques et techniques qui conditionnent la solution du litige.
Pourtant, dès lors que le magistrat n’est pas compétent en matière informatique, il est surprenant qu’il doive fixer des missions précises à l’expert judiciaire (en informatique) sans en discuter auparavant avec lui, ce qui oblige parfois l'expert à répondre de la façon la plus précise à des questions qui n’ont aucun sens (ce qui n’a aucun sens).
L’exemple le plus frappant est celui de la datation. J’ai souvent à répondre à la question suivante : quand l’ordinateur a-t-il été utilisé pour faire telle ou telle chose ? L’ordinateur en question étant sous scellé depuis un certain temps, la pile du BIOS est déchargée, ce qui m’interdit de comparer les date et heure effectivement enregistrées par la machine (en clair, la machine est-elle à l’heure ?) et le temps imparti pour l’analyse de la machine ne me permet pas d’évaluer la dérive éventuelle de l’horloge interne de l’ordinateur. D'autre part, de nombreux utilitaires permettent de modifier les dates et heures de création/modification/dernier accès de chaque fichier, sans forcément introduire d'incohérence entre les différentes dates des autres fichiers du système d'exploitation. Dans ce cas, comment expliquer sans enfoncer des portes ouvertes que les dates et heures enregistrées pour chaque fichier sur l’ordinateur ne sont que de vagues indications.
Un autre exemple est la date de dernier démarrage de l’ordinateur. Cette question m’était posée dans une triste affaire de pendaison où la mère de la victime prétendait qu’il s’agissait d’un crime maquillé et non pas d’un suicide. Après analyse, la date de dernier démarrage correspondait à l’intervention de la maréchaussée lors de la saisie du matériel informatique…
Enfin, une de mes missions consistait à assister un Huissier de Justice pour une saisie en entreprise, avec comme consigne « de saisir tous les cédéroms présents dans l’entreprise ». Il m’a fallu expliquer au juge que d’une part, cela m’amenait à devoir fouiller l’ensemble des tiroirs et placards de l’entreprise, mais également de saisir tous les éventuels cédéroms musicaux qui pouvaient être présents sur les lieux. Avec bien entendu un impact non négligeable sur le coût de l’expertise, dont la responsabilité ne pouvait m’être imputée.
En conclusion, il me semble important de refuser toutes les missions imprécises ou impossibles de facto et de contacter le juge, quand il est joignable, pour discuter des aménagements possibles du libellé des missions qu’il fixe à l’expert.

20 octobre 2006

Qu’est-ce qu’un expert judiciaire ?

J’ai longtemps cru qu’un expert judiciaire était un homme (ou une femme) maîtrisant son domaine technique et à qui l’on demandait un avis, un éclairage, pour amener des données scientifiques comme éléments objectifs dans le jugement d’un litige.
Las, j’ai vite été amené à changer d’avis.
Comme ancien chercheur, j’ai des connaissances pointues dans le domaine des réseaux de neurones formels appliqués à l’identification et à la commande de processus non linéaires.
Comme ancien maître de conférences, j’ai la connaissance des problèmes pédagogiques liés à la rédaction d’explications claires pour un profane (l’étudiant, même brillant et motivé est toujours un profane).
Comme responsable informatique, j’ai appris à gérer mes collaborateurs, mes fournisseurs, mes clients et mon budget.
JAMAIS je n’ai eu de cours de droit ou de procédure.
J’ai longtemps méconnu l’organisation de la Justice en France, avec sa logique, sa beauté et sa complexité. J’ai longtemps cru être un auxiliaire de justice comme les avocats, les avoués près la cour d’appel ou les huissiers de justice. Que nenni.
J’ai prêté serment devant la cour d’appel, ému et impressionné :
"je jure, d'apporter mon concours à la Justice, d'accomplir ma mission, de faire mon rapport, et de donner mon avis en mon honneur et en ma conscience."

C’est à cette occasion que le premier clignotant est apparu : le président de la compagnie des experts de ma cour d’appel nous a présenté les activités de sa compagnie. Cela me semblait plus relever du réseau social, ou de la confrérie qu’autre chose. Moi qui suis plutôt ours solitaire. Mais il nous a indiqué que la cotisation comprenait une assurance à un prix très compétitif. Une assurance ? Mais contre quoi ? En responsabilité… Mais je connais mon domaine technique, je risque peu de faire une erreur ? Non, non, c’est plutôt contre les erreurs de procédures. Ah ?
Moi qui avais souhaité devenir expert judiciaire pour me rapprocher du métier de ma femme qui est Avocate ! C’est ainsi que maintenant les notions de « contradictoire », « dires des parties », « civil » ou « pénal » n’ont plus de secret pour moi (ce n’est pas vrai mon Amour, je sais que tu sais que je ne sais pas).
Qu’est ce qu’un expert judiciaire aujourd’hui ? Certes, un technicien très spécialisé et à la pointe des connaissances techniques de son domaine ; mais également un technicien maîtrisant parfaitement la procédure, le conflit, la transaction et capable d’imposer son autorité aux avocats et à leurs clients.
A quoi serviront les listes d’expert dans quelques années ? Y aura-t-il encore des professionnels qui s’intéresseront à l’expertise judiciaire ? Nous constatons aujourd’hui une réelle désaffection des listes d’experts judiciaires par les meilleurs techniciens. Le nombre de démissions d’experts judiciaires devient significatif, le nombre d’expert ne demandant pas leur renouvellement l’est encore plus.
La jurisprudence administrative considère l’expert judiciaire comme un collaborateur occasionnel du service public de la justice (Conseil d’Etat Section Aragon du 26 février 1971). La jurisprudence judiciaire est quant à elle différente. Dans un arrêt du 2 juin 2004, la Cour de cassation affirme « l’Expert commis par le juge est un auxiliaire de justice qui de ce fait n’est pas un tiers et n’a pas qualité pour former tierce opposition ».
Quelle solution alors ? La professionnalisation des experts ? Un non sens puisqu’on aboutit alors à un personnage hyperspécialisé dans une profession qu’il n’exerce plus et dont il va perdre à terme la maîtrise et par conséquent le droit d’émettre un avis des plus pertinents.

En fait, plutôt que de désigner un expert et de l’envoyer au massacre judiciaire, il faudrait désigner un avocat spécialisé (et il en existe de très pointus en informatique) qui s’adjoindrait (s’il le juge utile) les services d’un expert technique.
Ce système me semblerait plus sain.

PS: Vous trouverez plus de détails sur ce que sont les experts dans ce billet de Ca'Paxtagore.

18 octobre 2006

Le psychologue d'Outreau reste Expert

L'information est publiée dans un article du journal Le Monde du 13 octobre 2006.
"Malmené lors de sa déposition devant la cour d'assises par les avocats de la défense qui lui reprochaient la formulation imprudente des conclusions de son expertise sur les enfants du couple Delay-Badaoui, cet expert était devenu l'homme de la petite phrase lâchée le 17 novembre 2005 devant micros et caméras :
« Quand on paie les expertises au tarif d'une femme de ménage, on a des expertises de femmes de ménage ! »"

Le Garde des Sceaux avait alors demandé sa radiation.
La Cour d'Appel de Rouen a estimé le 29 mai 2006 que l'expert n'avait commis aucune faute susceptible d'entraîner sa radiation.
La Cour relève que le travail de l'expert "est extrêmement fouillé et individualisé".

Je cite encore l'article du Monde:
"La Cour a également tenu compte du fait que [l'expert] avait saisi l'occasion de son audition, en mars, devant la commission d'enquête parlementaire de l'Assemblée Nationale, pour s'excuser publiquement de ses propos maladroits."

Je suis choqué du faible écho médiatique de la confirmation d'un expert, qui certe a commis une maladresse devant les micros.
Je n'ai pas entendu par contre le Garde des Sceaux s'excuser publiquement pour ses propos maladroits et hâtifs. A chair de loup, dent de chien.

La planète meurt

Je fais mien les propos de Maître EOLAS:
"Mouais mouais mouais... La catastrophe écologique immminente, on me serine avec ça depuis ma plus tendre enfance. Sauf que c'était d'abord la guerre nucléaire, puis une nouvelle glaciation, puis une désertification généralisée, puis le trou dans la couche d'ozone, puis le cancer à cause du téflon et du micro onde, puis l'asphyxie à cause de la disparition de l'oxygène de l'Amazonie.

Maintenant, c'est l'inondation généralisée par la fonte des glaces à cause du réchauffement de la planète qui emportera nos cadavres empoisonnés par les OGM. Bon, vu qu'il fait toujours -20°c au pôle sud en été, je vais pas acheter des palmes tout de suite.

Et puis bien sûr arrive le discours idéologique : gna gna gna faute au capitalisme, gna gna gna libéralisme méchant, gna gna gna taxe Tobin, facile, super efficace, panacée universelle, a plus pauvreté et surtout c'est pas moi qui paye."

Si vous souhaitez lire l'original en entier, c'est ici. Je n'ai cité que la partie à laquelle j'adhère pleinement.

J'ajouterai la cuisson des cerveaux à cause des téléphones portables, le cancer des organes génitaux à cause des ordinateurs portables (que l'on utilise sur les genoux), la baisse de vision à cause des écrans informatiques...

A propos, depuis l'arrivée des écrans plats, plus personne ne me gonfle avec les "filtres écrans" qui obscurcissaient et obligeaient à augmenter la luminosité et le contraste d'iceux. A croire qu'ils les ont oubliés.

Mais c'est vrai que j'ai la vue qui baisse.

La magie des retouches

Via le site De Bric et de Blog de Maître Veuve Tarquine, je suis tombé sur l'excellente vidéo Dove.
Fascinant.

12 octobre 2006

Tous les liveCD sur une liste

Depuis plusieurs années, le site FrozenTech tient à jour une liste très complète des distributions en liveCD. Elle se trouve ici.

11 octobre 2006

Pas bien réveillé ?

Le mot "coaltar" signifie "goudron de houille". Cette substance est utilisée pour imprégner les bois et en thérapeutique comme désinfectant et antiseptique.

Je n'avais jamais vu ce mot écrit et n'en connaissais pas l'orthographe. C'est pourtant un mot souvent utilisé, par oral, dans l'expression "Etre dans le coaltar".

Info obtenue par le biais du blog "Curiosity"
qui m'a renvoyé vers le blog "Un mot par jour".

Adieu Mme l'Institutrice

J'ai assisté hier à la réunion de parents d'élèves du CE2 de ma fille. Tout s'est bien passé jusqu'à la dernière intervention de l'institutrice:
"Bon, puisqu'il n'y a pas d'autres questions, je vous annonce que je pars à la retraite fin décembre. Je ne finirai pas l'année scolaire avec vos enfants..."

Stupeur dans l'assistance.

L'institutrice ajoute:
"Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a plusieurs réformes qui s'enchaînent depuis plusieurs mois. Je vous avais annoncé en début d'année que cette année scolaire serait la dernière avant mon départ en retraite. J'ai appris il y a quelques jours que si je ne prends pas ma retraite avant la fin de l'année civile, je perds des avantages."

Re-stupeur dans l'assistance.

Je vous passe les détails qui ont suivis, les angoisses des différents parents, les questions métaphysiques du type "mais qui va l'annoncer aux enfants?".

Les personnes en charge des réformes des retraites ne semblent pas préoccupées par le fait que les instituteurs exercent sur une année scolaire (et non civile). Peut-être la proximité des élections ?

En tout cas, j'ai annoncé moi-même l'information à ma fille qui a trouvé dommage que son institutrice s'en aille parce qu'elle l'aime bien.

02 octobre 2006

Saisie contradictoire

J'ai été contacté par un huissier de justice pour effectuer une saisie de données dans une entreprise. La situation est toujours la même: un salarié quitte son entreprise, crée une entreprise concurrente et son entreprise initiale l'accuse d'être parti avec le fichier client.

Le problème ici est que la mission de l'huissier est la suivante: entrer dans la nouvelle entreprise et saisir toutes les données concernant les clients (fichiers et bases de données).

L'huissier me contacte pour que je l'assiste techniquement (il n'est pas à l'aise avec l'informatique me confie-t-il).

Je lui explique comment je procède dans ce genre d'affaire, en insistant sur le fait que je place in fine mes propres scellés sur les données saisies avec la mention "les présents scellés ne doivent être brisés que sur décision de justice".

Je sens alors une gène de la part de l'huissier: "l'ordonnance du Juge est claire sur ce point, je dois fournir les données à la plaignante".

Je lui fais part de mon étonnement sur le fait qu'une société peut ainsi récupérer des données très sensibles sur une entreprise concurrente. Il me répond alors qu'il effectuera un "tri des données" en ne fournissant que les données communes aux fichiers clients des deux entreprises (l'objectif étant clair pour l'entreprise plaignante de démontrer le vol des fichiers clients).

Devant mon refus de l'assister dans ces conditions, nous engageons une conversation plus générale sur la "couverture" offerte par l'ordonnance d'un magistrat. Je suis en effet persuadé qu'un grand nombre d'ordonnance sont écrites "sous la dictée" de l'avocat de la partie plaignante. Mais que se passera-t-il si l'ordonnance permet à l'expert de se mettre dans une situation délicate (ce que ne manquera pas de démontrer l'avocat de la partie adverse)?

L'Expert restera seul devant sa faute.

J'ai fait pleinement mien le principe du contradictoire et j'essaye de l'introduire dans la procédure même quand le juge ne le demande pas.

Ainsi, la mise sous scellés d'expert des pièces constituant une preuve est une action par nature non contradictoire (l'entreprise visée n'est pas prévenue avant l'intervention). Il est par contre possible ensuite de démarrer une deuxième action juridique: l'analyse des pièces saisies. Cette deuxième action sera contradictoire, permettant ainsi à la partie visée de se défendre.

Pour l'anecdote, l'huissier a contacté le magistrat et l'avocat de la partie plaignante qui se sont mis d'accord pour modifier l'ordonnance en ce sens.

Abundans cautela non nocet
(Une précaution excessive ne fait pas de tort)

26 septembre 2006

J'aime la science-fiction

Jusqu'à l'âge de 20 ans, je n'étais pas particulièrement attiré par la lecture. J'avais lu toutes les œuvres obligatoires de mon parcours scolaire (quelques pièces de Molière, Candide de Voltaire, Critique de la raison pure de Kant, etc.), j'avais lu et dévoré Agatha Christie.

Mais l'épaisseur (physique) d'un livre restait malgré tout pour moi un critère important dans mes choix de lecture.

Puis un jour, je suis tombé sur "Dune" de Franck Herbert. Une édition de luxe, grande taille, grosse épaisseur, poids lourd... Par simple curiosité, j'ai ouvert le livre au milieu et là... Impossible de refermer le livre! J'ai lu le livre d'une traite jusqu'à une heure avancée de la nuit. Le lendemain, je recommençais la lecture par le bon bout et dévorais de nouveau le livre, cette fois ci du début à la fin.

Une révélation!

Depuis, j'ai accumulé suffisamment de livres (de poche) sur la science-fiction pour couvrir un mur entier de mon bureau. J'aime la science-fiction scientifique (anticipation ou scientifiction): Isaac Asimov, Arthur C. Clarke, Robert Heinlein, Alfred E. Van Vogt. Je suis assez peu friand de "Fantaisy" malgré le grand succès du "Seigneur des anneaux" ou des différents Harry Potter.

Mes lectures favorites:
Je reste bien sur fan de Franck Herbert avec sa série sur "Dune", mais j'adore des titres comme "Plus X" de Eric Frank Russel, "Dinosaure plage" de Keith LAUMER ou "La guerre éternelle" de Joe Haldeman. J'ai du lire ces livres une bonne dizaine de fois chacun.

Ceux qui ne connaissent pas la science-fiction et qui pensent qu'il s'agit d'histoires de petits bonhommes verts, peuvent commencer par "Des fleurs pour Algernon" de Daniel Keyes.

Pour ceux qui pensent qu'il n'y a pas en science-fiction d'histoires intéressantes sur les petits bonhommes verts, il leur faut lire "Martiens go home" de Fredric Brown.

Bonne lecture à tous :)

25 septembre 2006

Sauvegardes vers un serveur SAMBA

Pour effectuer les opérations de sauvegardes familiales, je souhaitais mettre en place des copies croisées de PC à PC de type P2P.
Las, après moultes tests, je n'ai pas trouvé satisfaction parmi les quelques logiciels OpenSource ou freeware du marché.
Je me suis donc résolu à mettre en place un serveur de fichiers.

Matériel: un "vieux" PC avec une carte mère capable de recevoir les disques de grandes capacités d'aujourd'hui. Quelques barrettes de RAM pour monter la mémoire le plus haut possible (c'est toujours cela de pris). Dans mon cas, 256 Mo.

Après avoir retiré le lecteur de cédéroms, je place quatre disques IDE de grosses capacités (un de 250 Go et trois de 160 Go). Je débranche le ventilateur du processeur pour que le serveur fasse le moins de bruit possible et je règle le BIOS sur la fréquence la plus basse possible pour que le processeur chauffe le moins possible (cela fait trois fois le mot « possible », où est mon dictionnaire des synonymes!).

Je choisis d'installer un linux sous Debian: après avoir créé mes deux disquettes (il m'a fallu retrouver deux disquettes en état pour être formatées!) BOOT et ROOT, je procède à l'installation minimaliste de Debian, avec mes disques en LVM (soit 730 Go!!) et la sélection de l’ensemble de paquets "serveur de fichiers".

Après redémarrage, je modifie le fichier "/etc/samba/smb.conf" pour autoriser l'écriture dans les répertoires de home ("writable = yes").
Puis les commandes:
# /etc/init.d/samba restart
# smbpasswd -a "le nom du compte utilisateur"

Et enfin sur les machines Windows XP de la maison, dans l'explorateur:
\\IP_du_serveur\le_nom_du_compte_utilisateur

Comme par magie, tout a fonctionné, me permettant de disposer de 730 Go en ligne pour faire les sauvegardes (photos, films, musiques, etc.) des différentes données personnelles des ordinateurs du réseau familial.

Génial et merci à Debian/Samba.

Pour le logiciel de sauvegarde, j'utilise SyncBackSE que vous trouverez sur le génial site gratilog.net.

18 septembre 2006

Mission impossible

Je sors d'une réunion-bilan regroupant les responsables informatiques de 47 écoles d'ingénieurs françaises.

Il fallait créer un site web mutualisant le recrutement de ces 47 écoles, sachant que:
- les 47 écoles sont concurrentes
- le nombre de candidats global est en baisse
- certaines écoles jouent leur survie à chaque rentrée
- les dates de recrutement sont toutes différentes
- les modes de recrutement sont différents (concours, dossiers, oraux...)
- les organisations sont différentes (écoles multi-sites, concours communs, parfois concours communs mais coefficients des épreuves différents...)
- les systèmes d'information sont différents
- certaines écoles disposent d'extranets existants pour le recrutement et veulent les conserver
- certaines écoles n'ont pas de service informatique
- le projet a démarré en octobre pour une mise en production en janvier
- aucune gestion de projet n'était prévue et n'a été mise en œuvre.

Et bien vous savez quoi, on y est arrivé !

Expert Judiciaire en Informatique

J'exerce sur mon temps libre l'activité d'expert judiciaire en informatique.

C'est une activité passionnante, mais exténuante.

Il faut connaître des domaines de l'informatique dont on ne soupçonne parfois pas l'existence (comment faire parler la mémoire d'une imprimante pour savoir quels ont été les derniers documents imprimés?).
Il faut connaître les procédures juridiques.
Il faut connaître les risques que l'on prend à titre personnel en termes de responsabilités.
Il faut se blinder mentalement (10000 images pédophiles à regarder et imprimer).
Il faut garder le sourire quand on se fait rembourser ses frais (et payer ses honoraires) avec un retard d'un an.

De plus en plus d'experts ne demandent plus leur renouvellement sur les listes des Cours d'Appel.
De plus en plus de magistrats désignent des "experts" en dehors de ces listes, pour faire des économies, sans se rendre compte de leur manque de compétences dans domaines cités ci-dessus.

Tous les experts sont mis dans le même sac: l'expert psychologue qui mène deux cents dossiers par an sur une base forfaitaire et l'expert informatique qui mène les débats dans une réunion d'expertise au commerce face à trois parties assistées de leurs propres experts et Avocats, soit quinze personnes...

Les missions d'expertises informatiques sont passionnantes, surtout en matière criminelle, mais où est la reconnaissance de la qualité des experts?

Pchhhiiiitttt.

16 septembre 2006

Recrutement de tueur à gage sur Internet

France-Japon, le choc des cultures...

France:
En avril 2005, un homme est mis en examen à Nancy pour offre de commettre un assassinat. Il aurait cherché à faire éliminer le concubin de sa maîtresse par un tueur à gages en faisant maquiller l'élimination du rival en accident.

Japon:
Une femme porte plainte contre un homme qu'elle avait engagé sur Internet comme tueur à gages pour éliminer la femme de son amant et qui n'avait pas "exécuté" son contrat. Il est condamné pour escroquerie volontaire en décembre 2005.

Dans un cas, c'est le commanditaire qui est condamné, dans l'autre c'est le tueur car il n'a pas rempli son contrat...

Étonnant non ?

Source: CLUSIF "Panorama de la Cyber-criminalité - Année 2005"
http://www.clusif.asso.fr

Vol d'objet virtuel

Chine : un homme de 41 ans a poignardé un de ses compagnons de jeu. Il n'a pas supporté que celui-ci revende le sable virtuel gagné dans un jeu multi-joueurs en ligne, sabre qu'il lui avait prêté. Selon les médias qui rapportent cette affaire, l'homme était d'abord allé se plaindre auprès de la police du vol de son arme virtuelle. La loi étant muette sur le cas de la propriété d'objets virtuels, sa plainte n'aurait pas abouti et furieux, l'homme en serait venu à tuer son compagnon de jeu.
Il a été condamné à mort avec sursis à exécution, peine qui peut être commuée en peine de prison à vie.


Source: CLUSIF "Panorama de la Cyber-criminalité - Année 2005"
http://www.clusif.asso.fr

10 septembre 2006

Le téléphone sonne

Je fais quelques interventions en amphithéâtre devant les étudiants de l'école d'ingénieurs où je travaille.
J'aime cela, j'aime les étudiants et je crois que les étudiants m'aiment bien aussi.
Peut-être simplement est-ce parce que mes cours, bien qu'obligatoires, ne sont pas sanctionnés par une note finale...

Me voilà donc face à eux en ces jours de rentrée. 150 têtes et autant de paires d'oreilles m'écoutent attentivement (ce sont de nouveaux étudiants, ils n'ont pas eu le temps d'apprendre à parler entre eux en amphi) quand tout à coup un téléphone sonne dans l'amphi. Je vois aussitôt un étudiant plonger dans son sac pour éteindre son portable. Agacé, mais surtout pour marquer le coup pour la suite de l'année, je demande à l'étudiant fautif de se lever. Grand silence dans l'amphi, l'étudiant se lève. Cruel jusqu'au bout, je désigne l'étudiant, clame haut et fort mon indignation et demande à tous les étudiants de l'applaudir pour l'encourager à éteindre son téléphone portable avant d'entrer en amphi la prochaine fois.

L'amphi applaudit à tout rompre, l'étudiant fautif est rouge de confusion, je lui demande de s'asseoir en lui accordant mon pardon, magnanime.

Le cours continue, je vois quelques étudiants sortir discrètement leur portable pour l'éteindre. Mon portable est posé sur le bureau, bien éteint, je vérifie moi aussi tout aussi discrètement.

Un quart d'heure passe quand soudain mon téléphone DECT de ceinture sonne. Je le coupe d'un geste machinal, comme si j'étais en réunion. C'était sans compter sur les étudiants de l'amphithéâtre qui se sont tous mis à applaudir...

Je les aime bien mes étudiants, car ils sont intelligents. Ce n'est pas le cas de tous leurs profs...

08 septembre 2006

SNCF c'est possible

Je ne résiste pas à l'envie de vous narrer une petite mésaventure qui m'est arrivé il y a quelques temps.

Décor: je dois me déplacer pour raison professionnelle. Je regarde les horaires possibles sur le site de la SNCF. Je décide d'acheter en ligne moi même mon billet (au lieu de passer par la personne ad hoc de l'entreprise).
C'est vrai quoi, c'est super pratique, et puis comme ça au lieu de payer moi-même et de me faire rembourser, c'est la boite qui paiera directement.

Erreur fatale.

Réservation des billets en ligne (tiens, il faut aller les chercher à la gare)
Il faut fournir un numéro de CB: je fournis celui de la CB de l'entreprise que j'utilise pour mes commandes en ligne [Je précise ici qu'il s'agit d'une CB attribuée à la personne en charge des achats autres qu'informatique. Par souci d'économie et de simplicité, j'ai estimé inutile de disposer moi même d'une CB pour mes achats internet (il ne faut pas engraisser les banques plus que nécessaire). J'ai donc en ma possession, pour mon usage professionnel, les différentes informations nécessaires à un achat en ligne, mais pas la CB elle même]

En quittant le travail, je passe à la gare pour récupérer les billets (chouette je pars plus tôt)

Au choix: la queue ou les machines automatiques. Les machines nécessitant la carte bancaire (que je n'ai pas puisqu'il s'agit de celle de l'entreprise), je choisis la queue (finalement pourquoi ai-je commandé par internet? A oui, pour réserver mes places)

Arrivé devant le guichetier:
- Tiens vous avez commandé par internet ?
- (intrigué) Ben oui
- Vous payez comment?
- Ben par carte bancaire, mais j'ai déjà donné mon numéro sur le site
- (pas de réaction, regard fixe sur écran) Allez-y mettez votre carte
- Mais je n'ai pas la carte, j'ai utilisé celle de l'entreprise ! Mais j'ai déjà donné le numéro sur le site web !
- A oui, mais le site web est sécurisé (mais qu'est-ce qu'il me raconte) et moi il faut que vous mettiez une carte bancaire pour régler.
- Bon OK, je retourne au boulot chercher la carte bancaire.

Retour-boulot, j'explique à genoux à la personne achat (ouf elle est encore là) qu'il faut qu'elle me prête "sa" carte bancaire.

Retour-gare, refile d'attente, re-même guichetier:
- Bonjour, me revoilà avec la carte bancaire de l'entreprise
- (re-regard fixe sur l'écran) Votre numéro de dossier
- DJFNCH637873HDNNXH (vous avez remarqué la simplicité des dossiers de résa SNCF)
- Mettez votre CB dans l'appareil
- (un horrible doute m'assaille) Voilà
- (Ahhhhh quel con, ça va me demander le code secret) VEUILLEZ TAPER VOTRE CODE
- (AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH, merde j'ai pas le code, mais quel CON) Euh, l'appareil me demande mon code, mais je l'ai pas, c'est la CB de l'entreprise, qu'est-ce que je fais?
- (une lueur dans l'œil du guichetier) Vous DEVEZ entrer le code secret de la carte, c'est pour vous protéger, c'est à cause des vols, vous comprenez.

Et là, pour la première fois de ma vie, j'ai éclaté:
- MAIS QU'EST CE C'EST QUE CE SYSTEME D'ACHAT PAR INTERNET COMPLETEMENT NUL VOUS M'AVEZ DIT QU'IL FALLAIT LA CARTE MAIS VOUS M'AVEZ PAS DIT QU'IL FALLAIT LE CODE

Bref, une belle gueulante qui défoule. Toute la gare nous regarde (le guichetier et moi). Je quitte la gare, furieux mais défoulé.

Retour-boulot (pour rendre la CB: pas question de demander le code secret à la personne des achats à cause de son coeur fragile. De toute façon je ne me vois pas retourner au guichet).

Problème: il me faut les billets pour demain matin à l'aube.

Solution: achat sur une borne automatique avec ma CB perso. Pas d'autre gare à moins de 30 kms. Retour (discret) à la gare.

Retour-gare: les deux bornes sont en panne (meeeerde, t'a l'air de quoi maintenant).
Re-queue. Je choisis un autre guichetier.
- Bonjour, c'est vous qui avez fait scandale il y a une demi heure?
- Heu, ben en fait votre système d'achat en ligne n'est pas vraiment pratique, mais bon quoi, les ordinateurs, hein (mais quel faux cul)
- Bon mais mon collègue là bas qui nous regarde, et ben il est pas content du tout.
- (...)
- Bon vous payez comment?
- Par carte bancaire.
- Mettez votre carte dans l'appareil.
- Voilà.
- A tiens, ça recommence.
- (puce illisible, carte défectueuse, carte volée, carte terroriste, carte ayant humilié un agent d'une grande administration) Qu'est ce qui se passe?
- Le système de paiement par carte bancaire est en panne, c'est un problème de téléphone. Vous avez un autre moyen de paiement?
- (AAArgh mon chéquier) Heu, non.

Résigné, je suis sorti de la gare pour aller au distributeur de billet retirer du liquide, je suis revenu, j'ai refais la queue, le seul guichetier disponible était celui à qui j'avais fais esclandre...
- Tiens vous payez en liquide (regard fixe sur l'écran).
- Oui, c'est possible? (J'ai baissé la tête)

Le lendemain, à 5h30 du matin, ce guichetier était sur le quai de la gare en train de ranger des charriots. Persuadé qu'il me cherchait, je me suis faufilé jusqu'à ma place en espérant qu'il n'ait pas passé le mot au contrôleur.

Avec la SNCF, tout est possible.

1er conseil municipal

Et oui, il fallait bien commencer un jour. Pour la première fois, j'ai assisté à un conseil municipal. Exactement l'idée que je m'en faisais! Un maire qui anime les débats pour éviter qu'ils ne s'enlisent. Des conseillers ayant travaillé auparavant en commissions et qui rendent compte (parfois avec partialité de façon qui ne trompe personne).
Nous étions trois dans le public pour une ville de 5000 habitants.
Tous les sujets de la vie de la commune sont abordés: traitements des eaux, distribution et coût de l'eau, aménagement des rues, des lotissements, et même un débat très partagé sur les panneaux d'affichage à destination des associations.
Parfois ridicules, souvent instructifs, les échanges rendent compte de la vie de 5000 personnes, avec leurs travers, leurs incivilités, et leurs qualités.
Début des débats 20h30, fin à 23h15.
A refaire.

07 septembre 2006

Réparation progressive

Notre photocopieur/imprimante est tombé en panne: des trainées noires d'un 1/2 cm de large sont apparues sur le bord droit des feuilles.

Appel n°1 au magasin de vente (nous n'avons pas pris de contrat de maintenance): "Vous n'avez qu'à nous l'apporter pour que l'on voit ce qu'il a". A ma question du coût est répondu qu'un devis sera établi. Normal
Deux jours plus tard, le magasin nous appelle pour nous dire que le photocopieur est réparé (quoi, pas de devis, mais ça va couter combien?). Un simple nettoyage a suffi pour enlever les traces. Sceptique, car j'avais déjà entièrement démonté l'appareil pour le nettoyer, je reviens chercher la bête.
Une semaine plus tard, les traces réapparaissent...

Appel n°2 au magasin: "Je vous envoie un technicien". Génial.
Quelques jours plus tard, un technicien vient constater les dégâts, change une lame de nettoyage, constate que cela ne change rien et propose de nous envoyer un devis de réparation.
Une semaine plus tard, nous recevons bien un devis mais également deux factures couvrant les deux interventions (inutiles), avec les frais associés (déplacement, main d'œuvre, etc.) pour un montant de 232 euros TTC... Le devis de réparation est lui de 400 euros (en gros le prix du matériel). Cerise sur le gâteau, si l'on refuse le devis, celui devient payant à un prix forfaitaire de 45 euros !!!

Appel n°3 au magasin: "de qui se moque-t-on?" Réponse: nous procédons par petits pas afin de ne pas faire payer au client une réparation couteuse inutile. Nous réparons de façon progressive...

Par chance, cette entreprise est un de mes fournisseurs professionnels. J'appelle donc mon contact professionnel à qui j'explique mon problème personnel. Horrifié par la tournure des évènements, il intervient pour annuler toutes les factures (ouf) et m'explique ensuite qu'étant donné la faible marge qu'il fait avec les entreprises (dont la mienne), il est bien obligé de se rattraper sur le pec... particulier moyen.

Exeritur opere nequitia, non incipit (L'acte décèle la méchanceté, mais n'en est pas le principe. Google est mon ami)

06 septembre 2006

Citations

Les sites de citations me gonflent, et je déteste lire les choix de citations effectués par les autres, mais je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager une sélection de celles que je trouve les meilleures:

"Ton christ est juif, ta pizza est italienne, ton café est brésilien, ta voiture est japonaise, ton écriture est latine, tes vacances sont turques, tes chiffres sont arabes et... tu reproches à ton voisin d'être étranger ! "
Julos Beaucarne qui , en plus , est belge !

Chaque problème a une solution, mais le gars qui la connait n'est pas forcément déjà né.

In a world without walls, who needs gates or windows ?

Slow and methodical testing like this will eventually get you to a point where you will either be able to spot the bug, or go quietly insane. Maybe both.
[Des tests lents et méthodiques vous conduiront éventuellement à un point où vous serez soit capable de pointer le bug, soit en train de devenir fou. Peut-être les deux.]
Documentation du logiciel Persistance of Vision 2.1

Les travaux d'écolier sont des épreuves pour le caractère et non point pour l'intelligence. Que ce soit orthographe, version ou calcul, il s'agit d'apprendre à vouloir.
Alain

Hacker vaillant, rien d'impossible (anonyme)

L'informatique, en tant que discipline, ne traite pas plus des ordinateurs que l'astronomie ne le fait des téléscopes.
E. W. Dijkstra

De même qu'un marteau pilon frappe plus fort que l'homme, les machines à penser penseront mieux que lui.
Aurel David

Les deux principales choses qui ont été inventées à BERKELEY sont le LSD et UNIX. Il est impossible que ceci soit une coïncidence.
Jeremy S. Anderson

Stop blathering, and answer the question.
The code on both sides of the #ifdef is the same.
WHY IS THE IFDEF THERE?
Don't bleat about standards and ATA-4/5/6. They won't make the code behave any other way. Why do you have a config option that doesn't do anything, except restate the exact same test in two different ways? Doing the same test in two different ways and making it look like two different tests is confusing. Your explanation seems to be that "the standards are confusing, the source code had better be confusing too". And quite frankly, that is not a very good reason.
Linus Torvalds

Le meilleur moyen de sauvegarder son travail est de le rendre disponible sur internet et d'attendre que le monde entier le copie.
Linus Torvalds

J’ai toujours rêvé d’un ordinateur qui soit aussi facile à utiliser qu’un téléphone. Mon rêve s’est réalisé : je ne sais plus comment utiliser mon téléphone.
Bjarne Stronstrup

Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent.
Chateaubriand

Nous n'héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants.
Seattle ( chef indien )

L'age d'or, c'était lorsque l'or n'existait pas.
Voltaire

La hiérarchie est une échelle qui permet de lacher ses ordures sur ceux d'en dessous.

Brave devant l'ennemi, lâche devant la guerre, telle est la devise des vrais généraux.
Racine

Si les imbéciles volaient, il ferait nuit.
Fréderic Dard

La fidélité est l'art de pratiquer l'adultère seulement par la pensée.
Découly

Tout a été dit ; mais comme personne n'écoute, il faut toujours répéter.
André Gide

Il est difficile de juger de l'intelligence de quelqu'un qui a beaucoup lu, car la mémoire imite à merveille l'intelligence.
Alain

Dans la vie il faut faire ce que l'on aime. Ce n'est pas une garantie de réussite, mais au moins, c'est une garantie de non-frustration.
Pr Willy Rozenbaum ( chercheur contre le S.I.D.A. )

Celui qui n'entreprend rien, ne se trompe qu'une seule fois.

Ce qui est simple est faux ; ce qui est compliqué est inutilisable.
Paul Valéry

Le génie consiste à voir ce que tout le monde a vu et à penser ce que personne n'a pensé.

La paresse c'est se lever à six heures du matin, pour avoir plus de temps à ne rien faire.
Tristan Bernard

Mieux vaut mécontenter par cent refus que de manquer à une seule promesse.

Je fume, tu fumes, nous fûmes.

Les femmes sont prêtes à tout pour aimer, y compris à faire l'amour.
Les hommes sont prêts à tout pour faire l'amour, y compris à aimer.

L'homme raisonnable s'adapde au monde. L'homme déraisonnable essaye d'adapter le monde à lui-même. Par conséquent tout progrès dépend de l'homme qui n'est pas raisonnable.
Bernard Shaw

Enseigner, c'est apprendre deux fois.
Joseph Joubert

C'est dommage, tous les gens qui savent comment diriger le pays sont occupés à conduire les taxis ou à couper les cheveux.
George Burns

Gutta cavat lapidem non vi, sed saepe cadendo.
La goutte creuse la pierre non pas par la force, mais en tombant fréquemment.

Si la théorie de l'évolution est vraie, comment se fait-il que les mères de famille n'ont toujours que deux mains ?
E. Dussault

Le savant n'est pas l'homme qui fournit les vraies réponses ; c'est celui qui pose les vraies questions.
Claude Lévi-Strauss

Les esprits d'élite discutent des idées, les esprits moyens discutent des événements, les esprits médiocres discutent des personnes.
Jules Romains

Le plus simple écolier sait maintenant des vérités pour lesquelles Archimède eût sacrifié sa vie.
Ernest Renan

On reconnaît un grand enseignant au nombre d'élèves qui l'ont dépassé.

Les hommes veulent toujours être le premier amour d'une femme. C'est là leur vanité maladroite. Les femmes ont un sens plus sûr des choses : ce qu'elles veulent, c'est être le dernier amour d'un homme.
Oscar Wilde

The Box Said : Requires Windows 98 or Better ...
So I have installed Linux !

We've all heard that a million monkeys banging on a million typewriters will eventually reproduce the works of Shakespeare. Now, thanks to the Internet, we know this is not true.
Arthur C. Clarke

Car il est de la nature de l'infini que ma nature, qui est finie et bornée, ne le puisse comprendre.
Descartes

Les optimistes pensent que nous vivons dans le meilleur des mondes possibles, les pessimistes en sont intimement persuadés.
Pierre Desproges

Si dieu existe, j'espère qu'il a une excuse valable.
Woody Allen

Si la nuit tu pleures de soleil, tes larmes t'empêcheront de voir les étoiles.

L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs.
Oscar Wilde

Je hais les victimes, quand elles respectent leurs bourreaux.
Jean-Paul Sartre

Quand le soleil décline à l'horizon, le moindre caillou fait une grande ombre et se croit quelque chose.
Victor Hugo

Rien ni personne n'a tout à fait tort : même une horloge arrêtée a raison deux fois par jour.
John Steinbeck

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAhhhhhhhhh que c'est bon.

Pourquoi un blog ?

Depuis plusieurs mois, je me demande pourquoi des personnes ont l'impudeur de vouloir étaler leurs états d'âme sur Internet. J'observe néanmoins avec curiosité le phénomène et j'apprends à répondre à cette interrogation. Je suis depuis tombé sur plusieurs blogs qui m'ont particulièrement intéressé, comme par exemple l'excellent Curiosity ou le Journal d'un Avocat. Tout cela m'a amené à envisager à m'essayer à cette impudeur.

Le clou a été quand ma fille de 12 ans m'a demandé un soir:
"Dit Papa, est-ce que je peux créer un blog?"
Réponse du papa attentif à respecter les besoins de ses enfants même s'il ne les comprend pas, conscient qu'il convient d'essayer de ne pas devenir un "vieux con", mais qu'il convient aussi de ne pas céder à toutes les demandes:
"Mais pour quoi faire?"
"Mais pour montrer à mes copines des photos de chevaux (c'est sa passion) et parce que tout le monde fait cela!"
Après avoir rappelé à ma fille que "une copine" n'est pas "tout le monde" j'ai dit "Non". Deux jours plus tard, sans que ma fille n'ait remis le sujet sur le tapis, et avoir vraiment réfléchi à cette question, j'ai annoncé à ma fille qu'il était impensable d'écrire en style SMS, d'afficher des photos de la famille, de faire des fautes d'orthographe et de croire que ses parents n'iraient pas jeter un œil de temps en temps à son blog, et j'ai dit "Oui".

Ma fille a eu son blog avant moi qui suis informaticien !!
Je vieillis.